Published On : 18 janvier 2020 |Last Updated : 18 janvier 2020 |638 words|2.7 min read|2 Commentaires|

Le croquis, pour un dessinateur, c’est un moyen d’étude et d’entraînement qui se pratique hors de l’atelier, et qui vise à garder l’œil et la main en forme, en jetant sur le papier des contours et ombrages rapides. De plus en plus, je trouve que le dessin est diamétralement opposé à la photo : le dessinateur part d’une feuille blanche et ajoute des détails, le photographe part d’une capture et va généralement retirer des détails (soit par le flou d’arrière-plan, soit par la retouche). Pourtant, on vise le même objectif : avoir juste assez de détails pour faire passer un message, mais suffisamment peu pour éviter de diluer l’idée sous une avalanche graphique.

Je vous propose donc un vlog de Marie Spénale, illustratrice française qui vit en Belgique, qui nous emmène dans sa session de carnet pour nous montre comment elle travaille. Étonnamment, la partie « croquis dans le métro » (sous le nez des gens) est très proche de ce que vivent les photographes de rue.

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La facilité de retouche de photos que les logiciels modernes permettent fait souvent grincer des dents, sur fond de regret de la photo « à l’ancienne » et « authentique ». Au contraire, je trouve que cela permet de faire tomber les frontières entre photographie, cinéma et peinture, en réfléchissant l’image au delà de son support et de son médium, et en construisant plutôt un langage visuel qui s’inspire de ces différentes disciplines pour devenir plus riche. Après tout, dessin, photo et cinéma se trouvent unis dans l’ordinateur, autant tirer parti de cette convergence technique pour tirer le meilleur de chaque discipline.

Par exemple, le cinéma fait un travail colossal sur la couleur, en se servant de palettes colorées pour créer des ambiances et du sens dans l’image. D’ailleurs, au cinéma, le métier de coloriste est une profession à part entière, qui se « limite » à utiliser une balance couleur toute la journée. Pour autant, les possibilités sont loin d’être limitées.

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La semaine dernière, je me suis fait un cadeau de Noël en retard, sous forme d’un manuel de retouche pour coloristes de cinéma. Le livre est en anglais, mais c’est une bible (disponible en ebook sur Google Play, ou en papier chez votre libraire spécialisé ou Amazon), et je ne peux que vous le recommander.

En photographie, on réfléchit la couleur de façon beaucoup plus basique (saturation / vibrance), souvent en se contentant du rendu par défaut associé à l’appareil photo dans le logiciel de traitement qu’on utilise.

Votre ordinateur vous permettant de faire du multimédia, en traitant indifféremment du texte, du son, de l’image statique ou animée, il n’y a plus aucune limite, sauf vous. Il y a donc beaucoup à prendre, pour un photographe, dans le dessin et dans le cinéma :

  1. la notion de croquis d’étude, qui peut être transposée en photo d’étude, pour expérimenter de nouvelles techniques et continuer à s’exercer,
  2. la façon de construire du volume en posant des ombres portées, de colorer ces ombres pour reproduire un éclairage et créer du contraste de couleur tout en fusionnant les transitions,
  3. la façon de jeter un trait, qui suggère un contour plus qu’il ne représente, en épurant la scène originale,
  4. la façon d’utiliser la couleur pour créer du sens dans l’image et une ambiance signifiante.

Pour 2020, je propose donc un exercice collectif : regarder en dehors de la photo, et voir ce qu’on peut aller y chercher pour enrichir notre pratique et notre langage visuel. Bonne année 2020 à tous !

Commentaires

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  1. Alain 19 janvier 2020 à 17 h 16 min - Répondre

    le dessinateur part d’une feuille blanche et ajoute des détails, le photographe part d’une capture et va généralement retirer des détails (soit par le flou d’arrière-plan, soit par la retouche).

    Heu… sous condition d’une habileté technique minimum, il me semble
    - que la « page blanche » du dessinateur est toujours couverte de dessins précédents de références etc…
    - qu’avant de faire une image, le photographe non presse-bouton réfléchit (fût-ce brièvement pour le reporter de guerre p ex) à ce qu’il va mettre dans son viseur, et à la retouche ultérieure…

    Mais bon, je suis comme toi je pense toujours étonné par l’inculture iconographique de la plupart des photographes !

    • Aurélien 19 janvier 2020 à 17 h 26 min - Répondre

      Certes mais les dessins préliminaires sont bel et bien ajoutés à partir de rien sur la page blanche, et une grosse partie du travail du photographe est d’essayer de limiter les cochonneries dans son cadre.

      Pour user d’une métaphore lumineuse, l’un travaille en synthèse additive, l’autre en synthèse soustractive.

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